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Frantz Fanon (1925-1961) : un des maîtres à penser des intellectuels du Tiers-Monde

La pensée de Frantz Fanon (1925-1961) a influencé de nombreux intellectuels du tiers-monde. Né le 25 juillet 1925 en Martinique d’un père fonctionnaire aux Douanes et d’une mère commerçante, Frantz Fanon fréquente le lycée Schoelcher où il a comme professeur Aimé Césaire. A la fin du lycée, en 1943, il rejoint les forces françaises libres. Il suit une formation de sous-officier à Bejaia, en Algérie, et participe à la libération de la France. À la fin de la guerre, il est en Allemagne blessé, décoré et démobilisé.


Amilcar Cabral (1924-1973), un grand révolutionnaire africain

Amilcar Lopes "Abel Djassi" CABRAL (1924-1973) Amilcar CABRAL est le père de la nation et il reste l'un des plus importants théoriciens de la Révolution africaine. Né à Bafata (Guinée bissau) d'un père capverdien et d'une mère guinéenne, il a suivi des études secondaires au Lycée Gil Eanes de São Vicente (Cap Vert), suivies d'études universitaires à l'Institut d'agronomie de Lisbonne (Portugal). Dans les années 1950, il fait la connaissance de ses futurs compagnons d'armes avec qui il va jouer un rôle déterminant pour l'indépendance de la Guinée portugaise et du Cap Vert. En 1952, il est engagé comme agronome au service des autorités coloniales, et il retourne en Guinée portugaise pour travailler. En 1956, il fonde le PAIGC (Partido Africano para a Independencia da Guine e de Cabo Verde) avec son demi-frère Luis CABRAL, Aristide PEREIRA et Rafael BARBOZA à Bissau. Le mouvement de lutte anti-coloniale débute concrètement avec la grève des dockers de Bissau en 1959. L'année 1963 marque le début de la lutte armée sur le sol guinéen. Les troupes armées du PAIGC remportent plusieurs victoires face aux soldats de la métropole portugaise, mais Amilcar CABRAL ne vivra pas assez longtemps pour assister à l'indépendance de la Guinée portugaise et du Cap Vert. Il est assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry.


Cheikh Anta Diop (1923-1986) et l'Egypte "Nègre"

Cheikh Anta Diop naît en 1923 dans un petit village du Sénégal, Caytou. L'Afrique est sous la domination coloniale européenne qui a pris le relai de la traite négrière atlantique commencée au 16ème siècle. La violence dont l'Afrique est l'objet, n'est pas de nature exclusivement militaire, politique et économique. Théoriciens (Voltaire, Hume, Hegel, Gobineau, Lévy Bruhl, etc.) et institutions d'Europe (l'institut d'ethnologie de France créé en 1925 par L. Lévy Bruhl, par exemple), s'appliquent à légitimer au plan moral et philosophique l'infériorité intellectuelle décrétée du Nègre. La vision d'une Afrique anhistorique et atemporelle, dont les habitants, les Nègres, n'ont jamais été responsables, par définition, d'un seul fait de civilisation, s'impose désormais dans les écrits et s'ancre dans les consciences. L'Égypte est ainsi arbitrairement rattachée à l'Orient et au monde méditerranéen géographiquement, anthropologiquement, culturellement. C'est donc dans un contexte singulièrement hostile et obscurantiste que Cheikh Anta Diop est conduit à remettre en cause, par une investigation scientifique méthodique, les fondements mêmes de la culture occidentale relatifs à la genèse de l'humanité et de la civilisation. La renaissance de l'Afrique, qui implique la restauration de la conscience historique, lui apparaît comme une tâche incontournable à laquelle il consacrera sa vie.


Ernesto Rafael Guevara de la Serna, dit Che Guevara (Rosario, Argentine, 14 juin 1928 - La Higuera, Bolivie, 9 octobre 1967

Né le 14 juin 1928 de Ernesto Guevara Lynch et Celia de La Serna, Ernesto Guevara de la Serna (dit « le Che » ou Che Guevara) vécut d'abord à Córdoba, la seconde ville du pays. Il suivit ensuite des études de médecine à Buenos Aires. Son enfance fut longtemps entachée par de violentes crises d’asthme. D’une famille aristocratique désargentée, Guevara reçut dès son plus jeune âge une solide instruction. Sa mère lui enseigna le français. Par la suite, ses parents quittèrent les hauts-plateaux argentins pour vivre à Buenos Aires. En 1951, son vieil ami Alberto Granado, biochimiste et radical politique, lui suggéra de prendre une année sabbatique. De cette façon, ils purent concrétiser le voyage dont ils parlaient depuis longtemps, traversant l'Amérique du Sud sur une vieille moto Norton 500 cc surnommée La vigoureuse (La poderosa en espagnol). Guevara relate cette épopée dans Diarios de motocicleta: Notas de viaje por América Latina, qui a inspiré, avec le témoignage Con el Che por Sudamérica de son ami Granado, un film en 2004 (Carnets de voyage). Au travers de ses propres observations de la pauvreté et de l'impuissance des masses, il conclut que le seul remède aux inégalités sociales de l'Amérique latine était la révolution par les armes. Il fut conduit à considérer l'Amérique latine non comme un ensemble de nations distinctes mais comme une entité économique et culturelle. La libération de cette dernière devait nécessiter une stratégie intercontinentale. De retour en Argentine, il termina ses études le plus rapidement possible afin de poursuivre son périple en Amérique du Sud. En 1953, il repart et atterrit au Guatemala, où il rencontre Hilda Gadea qui, le 18 août 1955, deviendra sa femme et, le 15 février 1956, lui donnera son premier enfant, Hildita Beatriz Guevara. Ils se sépareront avant le départ du Che pour Cuba.


Kwame Nkrumah (1909-1972) le père du panafricanisme

Kwame N'Krumah (1909-1972) est un homme politique indépendantiste et pan-africaniste ghanéen.Il fait ses études en Angleterre et aux États-Unis d'Amérique. En 1945, il participa à l'organisation du Congrès panafricain. Il retourne au Ghana en 1947 et devient secrétaire général du parti indépendantiste, l'UGCC (United Gold Coast Convention). Il quitte l'UGCC pour fonder un autre parti : la Convention People's party (CPP). Souhaitant l'indépendance , N'Krumah appelle au boycott et à la désobéissance civile, ce qui lui valut d'être emprisonné par les autorités britanniques jusqu'en 1951. En 1957, la Côte-de-l'Or est la première colonie a obtenir son indépendance. En 1960, N'Krumah devient le premier président du Ghana. Président, il est à l'origine de la première conférence des États Indépendants d'Afrique puis il participe à la rédaction de la charte de l'OUA (mars 1963). Il veut être à la tête du mouvement panafricain : il plaide pour une Afrique unie transcendant les Etats et il s'efforce de rester fidèle à l'esprit de Bandoung mais son charisme panafricain est discrédité quand il se déclare président à vie et choisit de fermer ses frontières avec tous les États voisins. En 1966, alors qu'il est en voyage en Chine, il est évincé du pouvoir par des militaires.


Malcolm X (1925-1965)

Malcolm Little naît le 19 mai 1925 à Omaha, dans le Nebraska. Il est le septième enfant de la famille. Son père est un pasteur baptiste déjà très engagé dans le mouvement de libération des Noirs. Il est influencé par le leader noir panafricaniste, Marcus Garvey, qui exhortait les masses noires à retourner en Afrique. L'enfance du petit Malcolm est difficile : son père est assassiné par une organisation suprémaciste blanche proche du Ku klux Klan dans des conditions épouvantables ( il fut poussé sous un tramway, son corps fut coupé en deux ). Sa mère, extrêmement marquée par la mort brutale de son mari, fait une dépression nerveuse quelques années plus tard, en 1939, et est internée dans un hôpital psychiatrique. Ses huit enfants sont séparés et envoyés dans différents foyers d’accueil et orphelinats.Malcolm se révèle être un bon étudiant au lycée, mais perd son intérêt pour les études quand un de ses professeurs préférés lui dit que ses ambitions de devenir avocat sont "irréalistes pour un nègre". Il fait l’école buissonnière et passe quelques temps chez sa sœur Ella à Boston où il effectue quelques petits boulots (cireur de chaussures, laveur d’assiettes…), puis déménage pour Harlem où il commence à commettre de petits délits. De 1942 à 1946, Malcolm est au centre de nombreux trafics (drogue, prostitution, paris clandestins…). Il repart pour Boston où lui et son compère "Shorty" Jarvis sont arrêtés pour cambriolage avec effraction et port d’armes illégal. La sentence est de huit à dix années de prison. C’est le tournant de sa vie. En prison, il passe des journées et des nuits entières à lire des œuvres littéraires, philosophiques, historiques et améliore sa formation, sa culture et son éducation. Par l’intermédiaire de son frère récemment converti à l’islam et membre de la "Nation de l’Islam", Malcolm entend parler pour la première fois des Black Muslims et de leur leader Elijah Muhammad. A sa sortie de prison, en 1952, après six années de prison (au lieu des huit à dix initialement prévues), il rencontre Muhammad, se débarrasse de son ancien nom "Little", qu’il considère comme un nom d’esclave, le remplace par "X", qui correspond au nom africain perdu des noirs d’Amérique, et devient "ministre" et porte parole de la "Nation de l’Islam."


Martin Luther King (1929-1968)

Martin Luther King Jr est né le 15 janvier 1929 à Memphis dans le Tennessee. Il est fils et petit fils de pasteur (son grand-père et son père seront pasteurs de l’Ebenezer Baptist Church à Atlanta). A l’âge de 15 ans, en 1944, il entre à l’université, plus précisément au Morehouse College d’Atlanta, une célèbre université noire aux Etats-Unis. Il choisit la sociologie comme dominante. A l’obtention de son diplôme en 1948, il entre au "Crozer Theological Seminary" pour suivre des études de théologie devant lui permettre de devenir pasteur. Diplômé du séminaire Crozer en 1951 avec la moyenne la plus élevée de sa classe, il obtient une bourse qui lui permet d’entrer à l’université de Boston afin d’y obtenir un doctorat.


patrice emery lumumba (1925-1961)

Fin novembre 1960, Lumumba est capturé. Il écrit alors une dernière lettre à sa femme Pauline .....Ma compagne chérie, Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu. Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ? Ce n'est pas ma personne qui compte, c'est le Congo Patrice Lumumba


Rosa Parks une date , une personne: Rosa Parks, 1er Décembre 1955

Rosa Louise McCauley Parks, (4 février 1913, Tuskegee, Alabama États-Unis - 24 octobre 2005, Detroit, Michigan), était une couturière noire qui devint une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, ce qui lui valut le surnom de mère du mouvement des droits civiques de la part du Congrès américain. Parks est devenu célèbre parce que le 1er décembre 1955, à Montgomery (Alabama), elle refusa de céder sa place à un passager blanc dans un bus. Arrêtée par la police, elle se vit infliger une amende de 10 dollars (plus 4 dollars de frais de justice) le 5 décembre; elle fit appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu de 26 ans, Martin Luther King, avec le concours de Ralph Abernathy, lança alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la Cour suprême cassa les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant anticonstitutionnelles.


Steve bantu Biko (1946-1977)Décédé alors qu'il avait à peine 30 ans, Steve Biko reste un symbole et un martyr de la lutte anti-apartheid

Steve Bantu Biko naît le 18 décembre 1946, à King Williams Town en Afrique du Sud. Très tôt impliqué dans l’activisme politique, il est lycéen à la Roman Catholic Boarding, dans la province du Natal. Il poursuit ensuite des études de médecine à la faculté de médécine de la province du Natal(University of Natal Medical School), dans la section réservée aux noirs, et adhère à un mouvement étudiant (National Union of South African Students). Mais le mouvement est dirigé par des étudiants blancs et ne s’occupe guère des problèmes des étudiants noirs. Biko démissionne en 1969 et crée avec des camarades la SASO (South African Students’ Organization), un mouvement étudiant composé uniquement de noirs, qui assiste les communautés noires défavorisées et qui va contribuer au développement d’une nouvelle philosophie pour les masses noires sud-africaines. La philosophie de Steve Biko appelée "Black Conciousness Movement" (mouvement pour la conscience noire) est que les noirs ne peuvent se libérer politiquement de l’apartheid que s’ils cessent de se sentir inférieurs aux blancs. Sa position, bien que d’inspiration non violente, est plus radicale que celle de l’ANC. Elle lui vaut une attention internationale et est considérée par beaucoup comme l’un des tournants de la lutte anti-apartheid. Biko avait perçu la nécessité de libérer les noirs de l’aliénation à la fois physique et mentale, en restaurant leur dignité et leur identité. Le mouvement qu’il mène prend de l’ampleur dans les années 70 lorsque la lutte de libération semble s’essouffler, et que beaucoup de leaders de l’ANC sont en prison ou en exil. Biko pense que les noirs ne doivent pas compter sur l’aide ou l’assistance des blancs et doivent de ce fait se retirer de tout mouvement incluant des partenariats avec les blancs. Ils doivent se libérer eux même faute de quoi l’idée selon laquelle les noirs ne sont pas capables de prendre eux mêmes leurs propres responsabilités va continuer d'être admise et répandue. En 1972, Biko est également l’un des fondateurs de la "Black Peoples Convention" qui rassemble alors près de 70 mouvements et associations noires, adhérant à la philosophie de la "conscience noire", y compris certaines (par exemple le South african students’ movement) qui joueront un rôle important lors des émeutes de 1976 à Soweto. Biko est le premier président du BPC et est aussitôt exclu de l’université où il étudie la médecine. Il commence alors à travailler à plein temps dans des projets sociaux autour de Durban (cours du soir visant à développer l’éducation dans les quartiers noirs défavorisés…). Le gouvernement sud-africain prend les premières mesures contre lui en 1973, en restreignant ses mouvements et lui interdit de pendre la parole en public. Il est surveillé et harcelé par la police durant les quatre années qui suivent subissant plusieurs arrestations. Le 18 août 1977, Steve Biko et un de ses amis, Peter Jones sont accusés d’acte de terrorisme, arrêtés par la police, et emmenés pour interrogatoire.


thomas sankaraPortrait d'un homme intègre: (1949-1987)

Thomas Sankara est né le 21 Décembre 1947 dans une famille de la bourgeoisie moyenne, et très chrétienne, qui souhaitait d'ailleurs qu'il devienne un prêtre. Il ne l'est pas devenu, mais sa foi chrétienne ne le quittera pas, même lorsqu'il deviendra un marxiste convaincu. Sa carrière militaire commence à 19 ans, avant qu'il ne soit envoyé poursuivre sa formation à Madagascar. Il aura donc l'occasion d'observer de ses propres yeux les soulèvements populaires contre la néo-colonisation en 1971/1972. Il retourne en Haute-Volta en 1972, et participera à la guerre contre le Mali de 1974. Il va ensuite en France, puis au Maroc où il rencontre en 1976 Blaise Compaoré. Les deux hommes deviendront rapidement très proches, se considérant comme des "frères".